20.02.2018 – Tauromachie : l’accès de la corrida aux mineurs dans le viseur de ses opposants

L’article paru dans le journal français « Midi libre » du 16 février montre que le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, en se basant sur un rapport de la Fondation Franz Weber (FFW), a suscité une nouvelle fois la discussion sur les horreurs de la corrida, causées non seulement aux animaux, mais aussi aux enfants qui sont exposés à cette forme de violence traumatisante.

L’article du « Midi libre »:

U n député LFI a posé une question au gouvernement en ce sens.

Le gouvernement a-t-il explicitement saisi le Haut conseil à l'enfance, la famille et à l'âge, dans le cadre du suivi par le Conseil de l'enfance et de l'adolescence des observations finales du Comité des droits de l'enfant à la France, sur les questions précises de l'âge minimum pour l'accès aux spectacles tauromachiques sanglants en tant que spectateur, pour la participation à ces spectacles en tant que protagoniste, et pour l'inscription dans les associations dites écoles taurines ?”

C'est précisément ainsi que Michel Larive, député (issu du parti de La France Insoumise) de la 2e circonscription de l'Ariège, a voulu récemment attirer “l'attention de Mme la garde des Sceaux, ministre de la Justice, sur les mineurs qui assistent aux spectacles tauromachiques sanglants, à savoir la corrida espagnole et la corrida portugaise, encourent des conséquences néfastes, comme les effets traumatiques ou l'accoutumance à la violence”.

Revendication

Et de relayer ainsi une revendication ancienne portée régulièrement par les associations anti-corridas, dont certaines se sont immédiatement félicitées de l'initiative du député. Au même moment, c'est le Comité des droits de l'enfant de l'ONU qui a adressé une recommandation à l'Espagne, sur la base d'un rapport par la Fondation Franz-Weber dans le cadre de sa campagne “Infancia Sin Violencia” (enfance sans violence). Ledit comité demande ainsi que “la participation des mineurs en tant que toreros ou spectateurs soit interdite afin de les préserver des effets nocifs de la corrida. Sept des huit pays qui connaissent encore ces pratiques ont désormais été priés d'interdire la tauromachie à tout mineur, en raison de l'extrême violence de cette “tradition”.”

Des offensives auxquelles répond André Viard, président de l'Observatoire national des cultures taurines : “En ce qui concerne ce comité, il faut savoir qu'il s'agit d'un comité bidule, une commission qui n'a strictement aucun pouvoir de décision. Et qui s'appuie sur un rapport rendu par une organisation suisse qui prône l'abolition de la corrida ! Non, sur cette question, la seule valeur de référence reste la convention relative aux droits de l'enfant de l'Unesco (traité international adopté par l'Assemblée générale des Nations unies, le 20 novembre 1989, NDLR). Et qui ne reconnaît que l'autorité parentale en matière culturelle”, commence par plaider André Viard. Avant d'en venir au fond de la problématique soulevée tant par l'association helvète que par le député de La France Insoumise.

Réponse attendue de la garde des Sceaux

“Il faut d'abord savoir qu'aucune étude permettant d'affirmer qu'assister à des spectacles taurins pourrait être cause de traumatisme chez les mineurs n'a jamais été menée. L'Observatoire avait pourtant demandé, en 2008, lors des rencontres “Animal et société”, qu'une telle étude soit menée par le gouvernement. Une étude statistique, comparative, qui aurait exactement porté sur l'existence des traumatismes qui auraient été pris en charge au cours des dix années précédentes. Et bien toutes les associations favorables à l'abolition de la corrida avaient refusé, toutes ! Car à l'évidence, les résultats d'une telle étude les priveraient d'un de leurs arguments favoris !”

Et de rappeler également que le ministère de la Justice avait déjà été saisi en 2014 de la question de l'accès des mineurs aux spectacles tauromachiques, sujet qui ne relevait, selon lui, que “de la seule responsabilité de l'autorité parentale”. Reste désormais à savoir ce que répondra, le moment venu, Nicole Belloubet, l'actuelle garde des Sceaux.

(« Midi libre » du 16.02.2018)