22.08.2016 – CINQ EXIGENCES CAPITALES POUR LA CITES

L’éléphant d’Afrique s’éteint à cause du braconnage. Car tous les éléphants ne sont toujours pas soumis à la même protection absolue. C’est pour cette raison que la Coalition pour l’éléphant d’Afrique a formulé cinq exigences catégoriques qu’elle a soumises à la CITES. La Fondation Franz Weber, en tant que partenaire de la Coalition, joue de son côté un rôle clé dans la préparation de cette conférence, comme vous pouvez le lire dans un récent article du dernier numéro du Journal Franz Weber (116).

Les cinq exigences soumises par la Coalition pour l’Elephant d’Afrique sont les suivantes :

1. Inscrire tous les éléphants à l’Annexe I de la CITES 

La proposition vise à réunir toutes les populations des éléphants d’Afrique et les États de leur aire de répartition sous une même inscription à l’Annexe I de la CITES, et à ainsi supprimer l’inscription scindée par le transfert des populations d’éléphants du Botswana, de la Namibie, de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe à l’Annexe II CITES. En tant qu’espèce, l’éléphant d’Afrique n’est pas cantonné à des frontières étatiques, pas davantage que les populations nationales. Beaucoup de ces populations sont situées dans plusieurs pays, justifiant ainsi une approche unifiée des règlementations CITES. Cette mesure a pour but d’assurer une protection maximale aux éléphants, en simplifiant et en améliorant le respect des dispositions légales, et en envoyant un message clair au monde en ce sens qu’aucun commerce légal de l’ivoire n’est autorisé par le droit international.

2. Fermeture des marchés d’ivoire nationaux 

Cette proposition appelle à la fermeture de tous les marchés nationaux où se pratiquent des transactions commerciales d’ivoire brut ou travaillé. La fermeture de tous les marchés intérieurs dans les États de l’aire de répartition, de transit ou de consommation finale réduirait radicalement les possibilités de blanchiment d’ivoire issu du braconnage, sous prétexte qu’il est antique, datant d’avant la Convention ou qu’il a été légalement acquis de toute autre manière. Par ailleurs, une telle mesure renforcerait le message selon lequel il conviendrait de mettre un terme à toutes les ventes d’ivoire, car elles sont dangereuses pour les éléphants.

3. Destruction et gestion des stocks d’ivoire

Cette proposition se base sur deux documents précédents soumis au Comité permanent de la CITES en 2014 et en 2016, qui ont conduit à la reconnaissance par le Comité des destructions des stocks d’ivoire opérées par plusieurs gouvernements depuis 2011, ainsi qu’à une recommandation en vue de rédiger des lignes directrices sur la gestion des stocks. Ce document propose d’approuver la destruction de l’ivoire, d’encourager les normes les plus élevées possibles en matière de gestion des stocks, et demande aux Secrétariat de la CITES de fournir les meilleures orientations techniques possibles sur les inventaires des stocks, leur contrôle, leur gestion et leur élimination, y compris l’échantillonnage de l’ADN en vue de déterminer l’origine des objets.

4. Le Mécanisme de prise de décisions pour un processus de commerce de l’ivoire (MPD) 

La proposition recommande que la CoP mette fin aux discussions sur le MPD. Face aux efforts mondiaux concertés en vue de réduire la demande d’ivoire, l’existence de négociations sur un processus de MPD en vue de légaliser le commerce envoie précisément le mauvais message – à savoir qu’un commerce légal et durable de l’ivoire est possible, et qu’il pourrait être rouvert dans un avenir proche. Le MPD présente non seulement des risques inacceptables pour les éléphants, mais a également suscité des objections valables de la part des Parties à la CITES. Pour preuve, la CITES s’est montrée incapable de réaliser le moindre progrès dans les négociations en 9 ans. 

5. Limiter le commerce d’éléphants vivants

La proposition vise à mettre fin aux exportations d’éléphants d’Afrique hors de leur aire de répartition naturelle, et en particulier les exportations vers des zoos et autres infrastructures de captivité à l’étranger. De telles exportations ne présentent aucun bénéfice direct pour la conservation des éléphants dans les pays de leur aire de répartition (comme le fait remarquer le Groupe de spécialistes de l’éléphant de l’IUCN-SSC), et soulève de nombreuses objections en Afrique pour des raisons éthiques et culturelles. Les éléphants d’Afrique, ainsi que leur ivoire, devraient rester en Afrique. 

  • Pour lire l’article complet à ce sujet paru dans le Journal Franz Weber 116, c’est ici.
  • Vous trouverez plus d’informations sur la campagne de la FFW pour la protection des éléphants ici.