05.11.2015 – La Coalition pour l’Eléphant d’Afrique demande une interdiction totale du commerce de l’ivoire

Les représentants de 25 Etats africains ont adopté une Déclaration révolutionnaire lors d’une réunion à Cotonou, au Bénin, qui demande une interdiction totale du commerce de l’ivoire dans le monde entier. La Déclaration de Cotonou, adoptée par la Coalition pour l’Eléphant d’Afrique le 4 novembre 2015, exige une action immédiate et décisive pour sauver l’éléphant d’Afrique.

Les délégués ont indiqué qu’en raison du braconnage pour leur ivoire, les éléphants font actuellement face à la pire crise depuis 1989. Toutes les populations d’éléphant sans exception avaient alors été inscrites à l’Annexe I CITES (la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), avec pour effet l’interdiction du commerce international de l’ivoire. En 1997 et 2000, la protection de l’espèce avait été affaiblie par le reclassement de quatre populations d’éléphant de pays d’Afrique australe (du Botswana, de la Namibie, de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe) à l’Annexe II de la CITES (un statut bénéficiant d’un moindre niveau de protection), afin de permettre deux ventes de stocks d’ivoire en 1999 et 2008.

En conséquence, les populations d’éléphants sont décimées à un rythme alarmant dans l’Afrique toute entière, et de nombreuses vies humaines sont perdues dans la lutte pour protéger cette espèce emblématique. Entre 2011 et 2013 seulement, plus de 100'000 éléphants sont tombés sous les armes des braconniers.

La Déclaration de Cotonou (PDF) a pour but de mettre un terme à cette crise. Les délégués présents ont défini des objectifs communs, et en particulier un renforcement de la collaboration entre les Etats membres afin d’assurer que toutes les populations d’éléphants d’Afrique bénéficient de la plus haute protection de droit international. Dans cette optique, ils proposent une interdiction stricte du commerce de l’ivoire, par le biais notamment du reclassement de toutes les populations d’éléphant d’Afrique à l’Annexe I de la CITES. La Coalition fait appel au soutien des autres Etats et organisations pour cette proposition.

« La protection de l’éléphant est d’une grande importance pour le monde entier, et les pays d’Afrique en particulier », a déclaré son Excellence M. Théophile Worou, Ministre de l’Environnement chargé de la gestion des changements climatiques, du reboisement et de la protection des ressources naturelles et forestières du Bénin, au terme des trois jours de réunion de la Coalition, « il faut donc mobiliser toutes les ressources nécessaires pour assurer la survie de l’Eléphant d’Afrique ».

Les discussions de la Coalition ont également porté sur d’autres menaces auxquelles les éléphants doivent faire face, soit en particulier les conflits homme-éléphants, ainsi que les graves problèmes que posent la mise en œuvre des lois pour combattre le braconnage et le commerce de l’ivoire. Tous les délégués ont exprimé leur inquiétude face à des braconniers toujours plus déterminés, toujours dotés d’armes toujours plus sophistiquées.

La Réunion de la Coalition s’est tenue à Cotonou au Bénin, pays particulièrement engagé dans la lutte contre le trafic illégal d’espèces. Le Bénin a par ailleurs été élu à l’unanimité Vice-Président de la Coalition.

La Coalition pour l’Eléphant d’Afrique a été créée en 2008 à Bamako, au Mali. 28 Etats d’Afrique la composent, unis par un même objectif : « une population d’éléphants viable et saine, protégée des dangers que représente le commerce international de l’ivoire ».