15.01.2016 – Discussions sur le commerce de l’ivoire à Genève : Le vent tourne pour les éléphants d’Afrique

La 66ème Session du Comité permanent de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction (CITES) s’est déroulée cette semaine à Genève. Mardi 12 janvier 2016, cet organe de l’ONU en charge de la gestion des espèces menacées s’est penché sur le sort des éléphants d’Afrique, et a estimé que les discussions sur une légalisation du commerce de l’ivoire ne pouvaient pas être poursuivies en l’état. 

Les débats étaient intenses mardi à Genève, lorsque le Comité permanent de la CITES a abordé la question du commerce de l’ivoire, et de la protection des éléphants d’Afrique. Plusieurs Etats africains, fortement soutenus par l’UE, les Etats-­‐‑Unis, l’Inde et Israël notamment, ont tiré la sonnette d’alarme, et exhorté la CITES à envoyer un message clair contre le braconnage et le trafic de l’ivoire. Le Comité permanent a reconnu que les négociations sur un mécanisme de légalisation du commerce de l’ivoire sont aujourd’hui au point mort.

Cette position claire a été adoptée malgré des objections véhémentes de plusieurs Etats favorables au commerce de l’ivoire, qui ont expliqué qu’aucun lien n’aurait été établi entre un système de commerce légal et la crise de braconnage actuelle.

Un Etat africain a quant à lui fustigé un document présenté par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), favorable au développement d’un mécanisme de commerce de l’ivoire, et a décrit cette idée comme « inopportune, biaisée, coûteuse, et méconnaissant l’histoire du commerce de l’ivoire ». Un autre pays s’est indigné de cette proposition, qu’il juge « ridicule dans les circonstances actuelles, et des actions récentes prises par de nombreux Etats pour endiguer le commerce de l’ivoire ». Quant à la Chine, elle a joué un rôle positif dans les débats.

La Fondation Franz Weber (FFW) a suivi attentivement la séance du Comité permanent. Sa Présidente, Vera Weber, s’est réjouit de sa tournure : « cette décision marque un tournant dans la politique de la CITES relative aux éléphants. Nous avons constaté que de nombreux Etats sont fermement déterminés à sauver les éléphants et à ne pas accepter un système de commerce de l’ivoire, qui aurait sans doute pour effet l’extinction de l’espèce ».

Rosalind Reeve, experte en matière de CITES pour la FFW, a quant à elle expliqué que « les décisions prises l’an dernier par la Chine et les Etats-­‐‑Unis dans le sens d’une interdiction du commerce de l’ivoire ont eu une influence positive. En conséquence, et au vu des préoccupations exprimées par les pays africains, l’idée de légaliser le commerce de l’ivoire est pour l’instant suspendue ».

L’organe décisionnel de la CITES, la Conférence des Parties, se réunira en septembre prochain à Johannesburg, en Afrique du Sud. Les Parties devront prendre une décision formelle sur la poursuite, ou l’abandon d’un mécanisme de légalisation du commerce de l’ivoire. L’avenir des éléphants d’Afrique en dépendra. 

Voici le CP