Gare de Champ-du-Moulin
Comment la FFW a pû sauver la gare historique de Champ-du-Moulin à Brot-Dessous (NE)
«Aidez-nous! Les CFF veulent raser notre gare plus que centenaire! Il s’agit d’un patrimoine auquel nous tenons tous. Contre la volonté de tous les habitants de la commune, on veut nous imposer à sa place une hideuse construction moderne en barres de métal et parois de verre. Nous ne voulons pas de ce corps étranger dans notre belle région qui est l’une des plus touristiques du canton. Mais nous sommes seuls contre un géant devant lequel s’aplatissent toutes les instances de recours.»
Cet appel pathétique, lancé à Franz Weber en janvier 2005 par Eric Robert, maire de la petite commune neuchâteloise Brot-Dessous, ne ratait pas sa cible.
Compulsant immédiatement le dossier, Franz Weber apprit que l’Office fédéral des transports (OFT) et le Conseil d’Etat neuchâtelois s’étaient rangés du côté des CFF. Même l’Office fédéral de la Culture (OFC), après avoir longtemps réclamé la préservation de la gare de Champ-du-Moulin, lui attribuant une valeur patrimoniale, avait finalement lâché la commune. Et ce n’était seulement devant la résistance farouche et unanime des autorités et des citoyens de Brot-Dessous que la Commission fédérale de recours en matière d’infrastructures et d’environnement avait finalement daigné charger une délégation de se rendre sur place le 10 février 2005 à 9h du matin, pour une inspection locale.
Le Conseil communal (Municipalité), vu ce qui précédait, ne s’était guère fait d’illusions sur l’issue de cette prise de vue. Aussi, décidé à lutter coûte que coûte pour le sauvetage de la gare, il mit toutes ses cartouches de son côté en vue de cette rencontre de la dernière chance. D’où l’appel à Franz Weber.
Impressionné par la détermination de toute une population et révolté par l’arrogance de certains milieux puissants et incultes qui tentaient de mettre au pas une petite communauté dont l’unique but était la préservation du visage aimé de sa région, Franz Weber fit appel à l’opinion publique suisse en organisant pour le 9 février 2005, donc un jour avant la date fatidique, une grande manifestation à laquelle il conviait la population de Brot-Dessous et, en témoin oculaire, la presse écrite, audio et télévisée suisse. Le tout suivi d’une éloquente conférence de presse dans la maison de la nature voisine, l’une des demeures historiques de Jean-Jacques Rousseau.
L’écho, comme en témoignent les reportages télévisés, radiophoniques et les coupures de journaux de l’époque, fut éloquent. Les CFF renoncèrent à démolir la gare chargée d’histoire et d’amour et se dirent prêts à considérer d’un œil favorable toutes les propositions pour le maintien de la gare qu’on pouvait leur soumettre. On parla d’en faire un petit musée régional, on parla d’installer dans la gare une boîte à musique géante avec le concours des fabricants chevronnés de Sainte-Croix du Jura voisin.
Que la pelle mécanique ait préservé jusqu’à ce jour cette gare bien-aimé, augure de son maintien définitif, dont Franz Weber est le garant et son parrain! 
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