La mort du nouvel éléphanteau d’Indi, euthanasié quelques heures après sa naissance le 1er juin 2026 au zoo de Zurich, démontre une fois de plus que les éléphants n’ont rien à faire en captivité, et soulève de sérieuses questions quant à la gestion des éléphants par le zoo. Depuis 2016, le zoo de Zurich a perdu onze éléphants. La Fondation Franz Weber (FFW) demande le retrait immédiat du zoo du programme européen de reproduction en captivité, la fin des transferts d’éléphants entre institutions et, à terme, la fermeture de son exhibition d’éléphants.
Le zoo a qualifié ce décès de « risque naturel lié à la reproduction ». Pourtant, les causes de mortalité observées à répétition à Zurich, notamment les infections par le virus de l’herpès des éléphants (EEHV) et les décès de jeunes éléphanteaux au sein du groupe, sont extrêmement rares dans les populations d’éléphants sauvages. Leur répétition au sein d’une même institution ne peut être simplement attribuée à la malchance ou à une fatalité.
Depuis 2016, au moins onze éléphants sont morts au zoo de Zurich, dont plusieurs jeunes animaux et nouveau-nés. Parmi eux figurent trois éléphanteaux morts du virus de l’herpès des éléphants (EEHV) en 2022, plusieurs éléphanteaux décédés peu après leur naissance, ainsi qu’un jeune éléphant mort en 2025 à la suite de graves complications médicales dont la nature exacte n’a toujours pas été rendue publique.
La situation d’Indi est particulièrement préoccupante. Cette éléphante a donné naissance à cinq petits : trois sont morts, un a été transféré au zoo de Copenhague, et seule sa fille Chandra vit encore avec elle à Zurich. Selon le Dr Keith Lindsay, biologiste renommé spécialiste des éléphants, « il est trompeur de présenter ces événements répétés comme un processus “naturel” : les éléphants du zoo de Zurich vivent dans un environnement artificiel entièrement contrôlé par l’être humain ». Si l’on suit cette logique, le risque de mortalité devrait être nettement plus faible en captivité, où les dangers devraient être moins nombreux que dans la nature. Au contraire, les décès de jeunes éléphants deviennent monnaie courante à Zurich.
Au-delà de la souffrance des éléphanteaux, il convient également de prendre en considération celle des mères. Les éléphantes tissent des liens exceptionnellement forts avec leurs petits et consacrent des années à les élever. Les soumettre de manière répétée à la gestation, à la mise bas et à la perte traumatique de leur progéniture soulève de profondes préoccupations éthiques et en matière de bien-être animal. La législation suisse sur la protection des animaux exige que leur bien-être et leur dignité soient respectés. Or, le cycle répété de naissances, de décès et de transferts observé au zoo de Zurich amène à s’interroger sur le respect effectif de ces principes.
Le zoo de Zurich affirme que la reproduction en captivité serait nécessaire au maintien d’une prétendue « population de réserve » d’éléphants d’Asie. Pourtant, aucun éléphant né dans un zoo européen n’a été relâché dans la nature, ni contribué au rétablissement des populations sauvages. La conservation des éléphants d’Asie repose sur la protection des habitats, la réduction des conflits entre humains et éléphants et la lutte contre le braconnage dans les États de l’aire de répartition de l’espèce, et non sur la reproduction d’éléphants dans des villes européennes. Dès lors, la notion de « population de réserve » apparaît moins comme une stratégie de conservation que comme une justification de la poursuite de la captivité et de l’exposition des animaux.
Cette situation soulève également une question plus large de cohérence de la politique suisse en matière de bien-être animal. La Suisse a interdit l’importation de cétacés en 2012, au motif que des animaux très intelligents, dotés d’une vie sociale complexe et parcourant de vastes territoires, ne peuvent voir leurs besoins biologiques et comportementaux correctement satisfaits dans des environnements artificiels. Pourtant, les éléphants, les plus grands mammifères terrestres de la planète, dotés de capacités cognitives tout aussi développées, de liens sociaux complexes et de besoins spatiaux considérables, continuent d’être élevés et détenus en captivité. Si des considérations de bien-être ont justifié la fin de la captivité des baleines et des dauphins, pourquoi le même raisonnement ne s’appliquerait-il pas aux éléphants ?
Pour la Fondation Franz Weber, les décès répétés d’éléphants au zoo de Zurich ne constituent pas des incidents isolés, mais les symptômes d’un système incapable de répondre aux besoins des éléphants. La Fondation réitère donc son appel à mettre immédiatement fin à la reproduction en captivité, à stopper les transferts d’éléphants entre zoos et à développer des solutions fondées sur les sanctuaires pour les éléphants actuellement détenus en captivité.