29.05.2026
FONDATION FRANZ WEBER

Nouveaux éléphants à Bâle : la poursuite d’un système dépassé

La Fondation Franz Weber (FFW) prend acte avec une grande inquiétude de l’arrivée de trois nouveaux éléphants au Zoo de Bâle. Alors que les zoos présentent ces transferts comme une forme de « gestion scientifique des populations », la réalité est tout autre : le système zoologique européen continue de maintenir et de reproduire des éléphants en captivité, sans bénéfice réel pour l’espèce ou pour son habitat naturel.

Il y a à peine quelques semaines, les deux éléphantes du Zoo de Bâle, Maya et Rosy, ont été séparées, puis transférées dans deux zoos français différents. Six semaines après leur départ, un nouveau groupe d’éléphants arrive déjà à Bâle. Ces « échanges » d’éléphants à travers l’Europe illustrent parfaitement la logique du système : les animaux sont déplacés d’un zoo à l’autre comme de simples éléments d’un programme d’élevage et de détention, indépendamment de ce que cela implique pour l’éléphant individuel.

Les zoos se retranchent derrière les programmes de l’EAZA (Association européenne des zoos et aquariums), qui donne des directives et coordonne les reproductions, les transferts et les compositions des groupes. L’objectif n’est pas la protection des éléphants sauvages, ou l’amélioration du bien-être des animaux captifs, mais bien la perpétuation de leur captivité pour le divertissement humain.

Pourtant, il existe aujourd’hui suffisamment d’études scientifiques démontrant que les éléphants ne sont pas faits pour vivre dans des zoos. Ce sont des animaux hautement sociaux, intelligents et grands migrateurs, vivant au sein de structures familiales complexes.

Le biologiste spécialiste des éléphants, le Dr. Keith Lindsay, critique vivement la justification avancée pour le transfert de l’éléphante Tika et de ses filles à Bâle. Selon les zoos, Tika, âgée de 18 ans, serait entrée en conflit de dominance avec sa mère. Une affirmation qui contredit profondément le comportement naturel des éléphants sauvages. Dans la nature, les filles restent généralement liées à leur mère et à leur groupe familial pendant des décennies, souvent toute leur vie. D’éventuelles séparations se passent de manière progressives et pacifiques, à un âge plus avancé que celui de Tika.

Le Dr. Keith Lindsay souligne également que ce type de tensions apparaît surtout dans des conditions artificielles de captivité : espace limité, absence de possibilités d’évitement et composition artificielle des groupes. Selon lui, les zoos utilisent souvent des termes comme « femelle dominante » ou « fort caractère » pour donner une apparence scientifique à des décisions qui ont en réalité peu de rapport avec le comportement naturel des éléphants sauvages. Si le zoo de Wuppertal a dû se débarrasser de trois de ses six éléphants, c’est parce qu’il a décidé d’entreprendre des travaux dans leur enclos. Ni plus, ni moins.

Malgré cela, les zoos continuent de justifier leurs programmes de reproduction au nom de la « conservation de l’espèce ». Mais un éléphant né et maintenu depuis des générations en captivité ne protège ni les savanes ni les forêts africaines. Il ne lutte ni contre le braconnage ni contre la destruction des habitats. Ce que ces programmes préservent avant tout, c’est le système zoo lui-même. Les contributions financières des zoos aux programmes in situ (dans l’habitat naturel de l’espèce) sont extrêmement limitées, surtout comparées aux revenus de ces institutions et aux millions investis pour de nouveaux enclos…

Un éléphant dans un zoo attire le public, génère des revenus et satisfait le désir humain de voir un éléphant. Mais le fait de vouloir observer des animaux sauvages n’est ni un droit ni une justification suffisante pour condamner des êtres aussi intelligents et sensibles à une vie entière de captivité.

Depuis des années, la FFW lutte pour la conservation des éléphants dans leurs habitats naturel. Concernant les éléphants en captivité, la FFW plaide pour un transfert progressif des éléphants hors des zoos vers de vastes sanctuaires et réserves adaptés à leurs besoins, et l’arrêt immédiat des programmes de reproduction en captivité.

L’avenir des éléphants ne se joue pas derrière les barreaux des zoos, mais dans la protection de leurs habitats naturels et des populations qui y vivent encore libres.

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