13.11.2020
Alejandra Garcia

L’odeur de la liberté est très proche!

Notre projet «Ele» de sauvetage d’éléphants en captivité permettra bientôt à deux nouvelles protégées d’être libérées après une vie entière de calvaire. Pocha et Guillermina, deux éléphantes d’Asie, mère et fille, vivent actuellement dans une fosse en ciment d’une superficie de 200m2, dans l’éco-parc de Mendoza en Argentine. Elles pourront bientôt, enfin, en sortir et voir l’horizon pour la première fois!

Alors que nous visitions des éléphants en captivité dans différents zoos d’Argentine, dans le but de proposer à leurs directeurs de transférer leurs animaux au Sanctuaire des éléphants du Brésil, notre cœur s’est brisé en mille morceaux lorsque nous avons découvert les conditions de vie de Pocha et de Guillermina. Pocha est arrivée au zoo de Mendoza en provenance d’un zoo en Angleterre. Une fois sur place, elle a rencontré Tamy, un mâle asiatique venu d’un cirque. De leur union est née Guillermina. Dès la naissance, les conditions infernales de leur captivité se sont encore aggravées.

Un monde limité à un puits de pierre
Le bâtiment où Tamy et Pocha ont été détenus est une grande fosse dont l’enceinte extérieure est reliée à celle intérieure par un couloir. Pour que Pocha puisse mettre bas en toute tranquillité, ce couloir de 200 mètres carrés a été fermé, et transformé en enceinte pour les femelles. Hélas, ce qui devait être une «solution temporaire» est devenu une mesure permanente. Dès ce moment, Tamy est restée isolé dans un autre enclos, plus grand, mais séparé des femelles par une porte. Etant née et ayant vécu toute sa vie dans ce puits, la petite Guillermina n’a jamais vu l’horizon. Partout où elle regardait se trouvait un mur de pierre. Elle a dû croire que le monde se limitait à cela: un puits et des murs de pierre comme seul paysage.

Libération en vue
Aujourd’hui, Pocha a 54 ans, Guillermina, 21 ans, et Tam 49. Bientôt, ils pourront débuter une nouvelle vie dans le sanctuaire des éléphants du Brésil, bien que Tamy doive attendre quelques mois de plus. Nous disposons déjà des documents CITES (certificats imposés par la Convention sur le commerce international des espèces menacées) émis par les autorités brésiliennes et argentines pour effectuer ce déplacement, qui sera
probablement épique. Afin de pouvoir amener sur place les caisses de transport des éléphants, il nous faudra démolir une partie du mur qui sépare ces animaux du reste du monde. Depuis 2019, nous travaillons avec la dresseuse d’éléphants nord-américaine Karissa Reinhold, collaboratrice de Scott Blais (directeur du sanctuaire brésilien). Elle a déjà entraîné les trois éléphants de manière à pouvoir effectuer sur eux les tests vétérinaires nécessaires à leur entrée au Brésil.

Un voyage plein de défis
Alors que la pandémie fait rage en Argentine et que le pays a pris des mesures très strictes quant à la circulation des personnes, le gouvernement de Mendoza nous facilite la tâche pour faire entrer dans le pays les caisses de transport fournies par Karissa et Scott, pour terminer l’entraînement des éléphants, finaliser la logistique et commencer à habituer les doux géants à leur habitacle mobile. Le voyage devrait commencer dans les derniers jours de décembre de cette année.

Pour Guillermina, ce voyage est un énorme défi. Pour la première fois elle sortira de sa fosse; pour la première fois elle sera séparée de sa mère pendant quelques jours (la durée du voyage au Brésil est de quatre à cinq jours). Pour la première fois, elle découvrira le monde tel qu’il est réellement, avec ses arbres, son ciel, son horizon. Pour la première fois, elle découvrira que le monde n’est pas qu’un puits entouré d’un mur de pierre.

 

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