22.04.2020
Fondation Franz Weber

#ParceQueNousMangeonsdesAnimaux: A(H5N1) (grippe aviaire)

La première infection humaine par le virus A/H5N1 a été causée par un contact avec des poulets vivants sur un marché d’animaux à Hong Kong. L’analyse épidémiologique a également démontré que l’élevage de volailles domestiques est un facteur de risque d’infection. En raison de la mortalité élevée qui y est associée et de l’immense potentiel de ces virus à muter et à s’adapter à d’autres hôtes, le H5N1 reste aujourd’hui une menace mondiale pour la santé publique.

 

Origine : La grippe qui frappe l’homme par l’intermédiaire du virus A(H5N1) est une maladie d’origine zoonotique, c’est à dire transmise de l’animal à l’être humain. La plupart des infections humaines causées par le virus de la grippe aviaire, y compris le virus H5N1, se sont produites suite à un contact rapproché et prolongé avec des oiseaux infectés ou à un séjour dans des environnements contaminés par des oiseaux domestiqués (CDC). La flambée de 1997 du A(H5N1) était liée au contact avec des poules sur des marchés d’animaux vivants (Van Kerkhove et al., 2011). L’analyse de l’épidémiologie globale des flambées de A(H5N1) qui se sont produites jusqu’en 2015 identifie l’aviculture domestique parmi les facteurs de risque (Lai et al., 2016). En raison de la mortalité élevée qui est associée au virus et de son importante capacité à muter et à s’adapter à de nouveaux hôtes, le H5N1 reste aujourd’hui encore une menace pour la santé publique (CDC).

Pays : Le premier cas ayant touché un être humain a été détecté en 1997 à Hong Kong RAS (Chine). La maladie s’est ensuite étendue à l’Asie, à l’Afrique, à l’Europe et au Moyen-Orient (CDC).

Année : De 1997 à aujourd’hui.

Létalité : Parmi tous les virus de la grippe aviaire, qui généralement ne causent une infection que chez les oiseaux et les porcs, la souche H5N1 a la capacité unique de provoquer chez l’être humain une maladie grave, et le taux de mortalité est élevée. Des millions d’oiseaux ont été abattus afin de contenir le virus. En Europe, tel a notamment été le cas des Pays-Bas. 30 millions de volailles ont été abattues suite à une flambée qui a touché 89 personnes en 2003 (OMS). Entre 2003 et 2020, 861 cas confirmés de personnes infectées par le virus et 455 décès ont été signalés à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Symptomatologie : Fièvre importante, dyspnée ou difficultés à respirer. Les autres symptômes sont la diarrhée, les vomissements, les douleurs abdominales, les saignements du nez et des gencives et les douleurs thoraciques. Parmi les complications possibles de cette infection figurent l’hypoxémie (diminution de l’oxygène dans le sang), la défaillance de plusieurs organes et des infections secondaires bactériennes et fongiques, qui peuvent entraîner la mort. Le taux de létalité des infections dues au virus du sous-type A(H5) chez l’homme est très supérieur à celui des infections causées par le virus de la grippe saisonnière (OMS).

 

Quelques conséquences sociales et politiques : 

La grippe aviaire, comme d’autres maladies transfrontières provoquées par des animaux, a des répercussions généralisées sur les moyens de subsistance des petits agriculteurs et aviculteurs, tout comme sur le commerce régional et international, la santé publique et le tourisme international (FAO). La propagation du virus a particulièrement touché les pays de l’Asie du Sud-Est dont la population rurale peut représenter jusqu’à 70 % de la population nationale, à l’instar de l’Indonésie. Dans ces pays, les effets de la grippe aviaire sur le monde du travail ont été dévastateurs, les calculs effectués ayant établi que près de 30 % des emplois dans les petits élevages et les petites productions avicoles ont été supprimés (CEPAL, 2006). La maladie touche toutes les catégories sociales et a un impact sur la durabilité à long terme du secteur avicole (FAO).

L’importation d’oiseaux a fait l’objet d’interdictions constantes décrétées par certains pays en raison des flambées de grippe aviaire. Cela a également concerné l’importation d’oiseaux et de produits dérivés, notamment d’oiseaux d’ornement, dans l’Union européenne (UE).

Dans les pays du Sud-Est de l’Asie, les différents impacts sociaux et économiques ont été documentés : l’approvisionnement en poulets a été réduit et le prix des autres viandes a augmenté. Il a fallu jusqu’à trois ans aux négociants de poulets de chair pour couvrir leurs pertes et près d’une année aux négociants d’œufs. La demande en poulet a pu chuter de 45 à 60 % en une journée et le nombre d’emplois dans l’industrie avicole s’est vu réduit d’un peu plus d’un tiers (FAO).

Le FMI et la Banque mondiale ont averti que la maladie peut potentiellement déchirer le tissu financier et productif, raison pour laquelle le Fond a insisté pour que les bénéfices espérés d’une réduction de la menace justifient les coûts engendrés pour se préparer à affronter une pandémie. Il a estimé qu’une flambée de grippe aviaire pourrait coûter 800 milliards de dollars US, ce qui équivaut à 2 % de la production économique mondiale (Kwo Ghsiao et.al., 2007). En outre, d’après certaines estimations, à la fin de l’année 2005, les gouvernements avaient investi plus de 6 milliards de dollars US dans l’acquisition de médicaments et de vaccins antiviraux (Newcomb, 2006).

Des centaines de millions de volailles ont été abattues afin de contenir le H5N1. Suite aux différentes flambées du virus, la société a réagi en achetant moins de poulet, ce qui a entraîné la chute des ventes et du prix des volailles. En Corée (Jun Ho Seok et al., 2017), par exemple, en raison de la différence entre l’abattage des poules (36 %) et celui des poulets de chair (5,5 %), l’impact s’est traduit par une augmentation du prix des œufs.

 

En savoir plus :