21.02.2020
Rebekka Gammenthaler

Le lièvre variable : le grand perdant du changement climatique

Le lièvre variable est un animal adapté à la vie en haute-montagne et fait partie des perdants du changement climatique causé par l’homme. Lorsque les températures deviennent trop élevées pour lui, il ne peut plus s’abriter dans les zones plus fraiches en altitude. Le changement climatique n’est toutefois pas la seule menace qui pèse sur le lièvre variable, il est aussi touché par les activités humaines hivernales.

D’après une étude de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), l’habitat du lièvre variable devrait se réduire d’un tiers d’ici à 2100. Les espaces vitaux qui lui restent ne sont pas seulement de plus en plus réduits, mais aussi de plus en plus morcelés. Il pourrait en résulter un appauvrissement génétique des populations, qui ne se mélangent plus. Par ailleurs, la fonte précoce des neiges pourrait se traduire par un retard dans le passage du pelage d’hiver blanc au pelage d’été brun, ce qui rendrait les lièvres plus faciles à repérer pour leurs prédateurs. Près de 14 000 lièvres variables vivent aujourd’hui dans les Alpes suisses, de 1000 à 1500 m d’altitude environ.

Le changement climatique n’est toutefois pas la seule menace qui pèse sur les lièvres variables. Ces animaux, très sensibles aux perturbations, souffrent des activités humaines de loisirs d’hiver dans les montagnes. Des études ont montré que les déjections de lièvres variables dans les régions touristiques contenaient beaucoup plus d’hormones de stress que dans les zones d’habitat plus calmes. Or, les lièvres stressés consomment 20% d’énergie en plus, ce qui réduit leurs chances de survie.

De quelle protection bénéficie le lièvre variable sous la législation actuelle ?
Le lièvre variable est considéré par la loi sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP) dans sa version actuelle comme une espèce non menacée. Il peut être chassé (art. 5 al. 1 let. f) du 1er octobre au 31 décembre.

Que changerait la nouvelle loi à la protection du lièvre variable ?
La révision de la loi ne changerait rien à la protection du lièvre variable, au contraire : il resterait chassable et serait donc soumis à une pression encore plus forte.

Au vu de l’urgence dans laquelle se trouve le lièvre variable du fait du changement climatique et des perturbations d’origine humaine, cela fait longtemps qu’il aurait fallu, au nom du principe de précaution, le placer sous protection pour alléger la pression inutile qui pèse sur l’espèce, au lieu de laisser les chasseurs continuer à la décimer. Près de 1000 lièvres variables sont encore abattus chaque année en Suisse. C’est pourquoi : Votez NON à la révision de la loi sur la chasse le 17 mai 2020 !

Source : fiche d’information de l’association «Loi sur la chasse NON»

 

En savoir plus:

  • Projet FFW «Non à l’abattage «préventif» d’espèces sauvages protégées en Suisse !»
  • Site Web de l’Association «Loi sur la chasse NON»